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Publié : 2 février 2014

Petite histoire du dessin animé (pour les 4°)

Le dessin animé, ou plutôt, le film d’animation

C’est donner l’illusion du mouvement à partir d’une suite d’images fixes.

C’est donc une série de dessins qu’on projette tellement vite que l’œil les perçoit en un seul mouvement continu et non plus séparément.

Nous pourrions avancer que tous les films sont des films d’animation.

Les débuts

1/ 1892-Le théâtre optique d’Émile Reynaud-

Première séance publique du théâtre optique d’Émile Reynaud, au musée Grévin à Paris. Véritables dessins animés de 5 à 10 min, qui connaissent un immense succès jusqu’en 1900.

2/ 1896- Georges Méliès-

En arrêtant puis en relançant la caméra, il crée des effets spéciaux, par exemple des escamotages et des métamorphoses.

Cette découverte rend possible la réalisation de films image par image.

3/ 1899-1907- Segundo de Chomon et James Stuart Blackton -

A la suite de Méliès, des réalisateurs tournent presque entièrement leur film image par image.

Ce sont souvent des objets réels qui sont animés.

4/1908-Emile Cohl-

c’est Fantasmagorie d’Émile Cohl qui est le plus souvent considéré comme le premier dessin animé de l’histoire du cinéma.

Pour la première fois l’image par image est utilisé pour raconter une histoire.

5/1911-Winsor McCay-

Auteur de bandes dessinées, l’Américain Winsor McCay se lance dans l’animation de son personnage Little Nemo.

McCay utilise le système des poses clés : il dessine d’abord les phases importantes du mouvement, avant d’en dessiner les intervalles.

6/1919-Felix the cat-

Félix le chat est la plus populaire des premières séries animées, avant l’arrivée de Mickey. Créé en 1919, ce personnage devient la première star mondiale de l’animation.

Ces séries sont adaptées des bandes dessinées ou des caricatures (« cartoon » en anglais) de presse, ce qui explique qu’aux États-Unis on appelle le dessin animé (animated) cartoon.

7/1920-Dave & Max Fleischer-

Les frères Fleischer invente le rotoscope, qui permet de dessiner sur des images en prise de vues réelles et d’obtenir ainsi une animation réaliste.

La technique est récupérée par Disney comme par exemple dans Mary Poppins.
Cette technique est également utilsée pour dessiner la vibration lumineuse des fameux sabres laser de La Guerre des étoiles.

8/1921-Les avant-gardes-Walther Ruttmann-

Dans les années 1920, en Allemagne, des peintres, graphistes, architectes, s’emparent du cinéma, notamment pour expérimenter les rapports entre l’image, la couleur et la musique, en particulier le rythme :

En France, ce sont des artistes surréalistes qui utilisent l’animation pour leurs expérimentations visuelles, par exemple Fernand Léger (Ballet Mécanique, 1924), Man Ray (Emak Bakia, 1926) ou Marcel Duchamp (Anémic Cinéma, 1926).

9/1926-Lotte Reiniger-

En 1926, Les Aventures du prince Achmed, réalisé par Lotte Reiniger, popularise l’animation en papiers découpés : extrait :

Cette technique a été utlisée par le réalisateur français Michel Ocelot pour Princes et princesses.

10/1928-Walt Disney-

En 1928 sort un des premiers dessins animés sonores, Steamboat Willie. Il s’agit de la première apparition publique de Mickey. Le succès est immédiat. Disney devient pour longtemps l’unique référence en matière de dessin animé grand public.

Il ouvre une école et des studios pour former ses propres animateurs et accentue la division du travail :
"à partir du storyboard, les dessinateurs se servent des model sheets, pour dessiner les poses clés, puis les poses principales de chaque plan. Les intervallistes se chargent des phases intermédiaires, tandis qu’on confie à d’autres l’encrage, la mise en couleur, ou encore la prise de vues sur banc-titre."

11/1930-Ladislav Starevitch-

L’animation de marionnettes (on dit aussi animation de poupées) est un des types d’animation en volume, qui comprend l’animation d’objet, la pixilation (animation d’êtres vivants) ou encore la pâte à modeler.
Extrait :

Plus récemment, Tim Burton et Henry Selick ont produit ensemble ou séparément des œuvres comme Vincent (1982) ou Coraline (2009).

12/1940-Toons-

Les vedettes du dessin animé grand public ont tout de suite été des animaux anthropomorphes, mais dans les années 1940 ils se multiplient :
Tom & Jerry dans Puss Gets The Boot (Hanna et Barbera).

Bugs Bunny fait sa première apparition dans A Wild Hare (Tex Avery) la même année.

13/1943-Propagande-

Pendant la seconde guerre mondiale, le cartoon est mis au service de la propagande :

Même Donald participe à l’effort...

14/1946-Tex Avery

Tex Avery connait sa période prolifique à la MGM, entre 1942 et 1954.

"Bien qu’il s’adresse aussi au grand public, il fait figure d’anti-Disney (dont il se moque dans Screwball Squirrel) à plusieurs titres : refus du réalisme pour exploiter au maximum les possibilités du dessin animé ; refus de la bienséance au profit de personnages grossiers et vils, d’histoires féroces ; nouveau rapport au spectateur : les personnages s’adressent à nous, l’écran se brouille, on voit les limites de la pellicule…"

15/1950-United Productions of America (UPA)-

En 1941, une grande grève chez Disney pousse l’animateur Stephen Bosustow à fonder l’UPA (United Productions of America) avec des camarades grévistes, qui s’installent à New York puis à Londres.

L’UPA se démarque des studios Disney : Le trait est fortement stylisé, l’animation limitée. Les histoires, dont les héros ne sont plus des animaux, ne sont pas forcément comiques et ne s’adressent pas en priorité aux enfants.

16/1963-Japon-

En 1963 sort le premier épisode de la série Astro Boy, réalisée par Osamu Tezuka à partir de son propre manga.

" Au Japon, cette date marque le début de la production massive de séries, qui s’exportent à partir de la fin des années 1970.
La force de ces séries tient en partie au talent indéniable de leurs auteurs, mais aussi à la mise en place d’un type de production poussé et qui tient compte pleinement des contraintes économiques. Si le travail est rigoureusement décomposé, la réutilisation massive des cycles d’animation d’un épisode à l’autre permet de grandes économies, mais contribue aussi à générer une nouvelle esthétique où les positions des personnages peuvent fonctionner avec très peu d’animation. Plusieurs secondes sont parfois monopolisées par un seul dessin fixe, l’action est alors dynamisée par l’emploi alterné de deux arrière-plans figurant un effet de vitesse par exemple."

17/1968-Le clip-

En 1968, le long métrage Yellow Submarine de George Dunning met en scène les Beatles, dont plusieurs chansons figurent intégralement et sont diffusées indépendamment du film. On peut réellement parler ici de « clips », au sens d’extraits (« to clip off » siginifie « couper » en anglais).
L’animation marque ensuite le clip moderne, à travers toutes ses techniques : pixilation (« Sledgehammer »), pâte à modeler (« My Baby Just Cares for Me »), Lego animés (« Fell in Love with a Girl »), images de synthèse (« All is Full of Love »)…

"Comme la publicité, le clip devient à la fois une source de revenus et un terrain d’expérimentations pour bon nombre d’animateurs. Dans les années 1980 et 1990, il contribue largement à l’émergence de nouvelles structures de production."

18/ -Alexandre Petrov-

Au lieu de peindre intégralement les images une par une, on peut aussi animer directement la peinture sous la caméra.

la technique utilisée ici, est celle de la peinture animée sur table de verre.

19/1981-MTV-

"La chaîne MTV diffuse des clips musicaux où la créativité de l’animation marque les esprits. Elle propose aux animateurs de participer à des campagnes de sensibilisation sur des sujets aussi divers que la guerre, la faim dans le monde, ou la prévention du sida. Des créateurs du monde entier contribuent à l’émergence d’une nouvelle vague esthétique vue au niveau mondial".

"Dans le même mouvement, MTV bénéficie d’un habillage par les plus grands réalisateurs du moment, favorise le développement de petites structures de production et aide à faire reconnaître le talent de nombreux animateurs à travers le monde".

20/1983-Time-lapse-

Time-lapse signifie "intervalle de temps". Il s’agit de photographier un phénomène selon un intervalle de temps régulier. Toutes les photos mises bout à bout et projetées à la vitesse habituelle (24 ou 25 images par seconde) montrent ce phénomène en accéléré.
Découvert par Méliès dans Carrefour de l’opéra (1897)il est utilisé à des fins scientifiques par Jean Comandon pour observer, par exemple, la croissance des plantes.

Le film Koyaanisqatsi la popularise avant que les appareils photos numériques ne permettent à tout un chacun de se l’approprier

21/1988-Anime-

"En 1988 sortent au Japon Akira de Katsuhiro Otomo, Le Tombeau des lucioles d’Isao Takahata et Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki."

"Ces trois longs métrages reflètent la richesse créative de l’animation japonaise (ou anime), qui va bien au-delà de la série destinée aux enfants : une adaptation d’un manga de science-fiction apocalyptique, une tragédie sur fond de seconde guerre mondiale, un conte rural écologique."

22/1989-Pâte à modeler-

La pâte à modeler connait un succès large et durable grâce aux Anglais du studio Aardman, créateurs de la série Wallace & Gromit en 1989.

23/1995-Images de synthèse-

L’animation par ordinateur est investie par l’industrie du dessin animé après les succès du court métrage Luxo Jr. (1986) puis du long Toy Story, réalisés au studio Pixar.

Dans la foulée, l’image de synthèse devient la norme des longs métrages d’animation aux États-Unis et les progrès techniques sont tels qu’on peine parfois à faire la distinction entre vues réelles et images animées.

24/1998-En France-

"En 1998, le succès de Kirikou et la sorcière montre que l’animation traditionnelle a encore sa place. Suivi par celui des Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet (2003) et de Persepolis (2007) de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, adressés à un public plus âgé, il révèle aussi la qualité de l’animation française"

"Si elle s’exporte moins que les films japonais ou américains, l’animation française est reconnue à l’international grâce notamment à des écoles (Gobelins, Poudrière), des studios indépendants (La Fabrique, Folimage) et des aides des l’État qui favorisent l’émergence de nombreux talents, en particulier dans le court métrage et les séries."

Et maintenant...

"Le développement des technologies numériques et leur démocratisation provoquent une augmentation considérable de la production d’images animées.
L’animation est massivement utilisée pour l’habillage des programmes télévisuels et des sites internet. Par ailleurs, bricolés à l’appareil photo et au téléphone à l’aide de logiciels libres, des films amateurs déferlent sur le net, utilisant souvent l’animation en volume (couramment appelée animation en stop motion).

Au cinéma, l’industrie des effets spéciaux continue de recourir à l’image par image, au point que bon nombre de films apparemment réalisés en prise de vues réelles relèvent peut-être davantage de l’animation.

En marge de l’animation utilitaire, des auteurs continuent de faire vivre leur imaginaire grâce aux possibilités infinies de l’image par image, expérimentant tant au niveau des techniques que des genres cinématographiques. "

Il ne vous reste plus qu’à montrer vos propres courts métrages !

Sources : Le Cinéma d’animation, Sébastien Denis, Armand Colin, 2007
Wikipedia.