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Publié : 26 juin 2014

Témoignage de Mme Frania Eisenbach Haverland

Compte-rendu de l’intervention de Mme Eisenbach Haverland
devant les élèves de 3e du collège Léonard de Vinci.
Texte de Rémi Picard.

"Ce n’est pas la première fois que j’écoute Frania Haverland, lors d’un témoignage : à sa demande, j’ai eu l’occasion d’animer des rencontres en librairie à Rouen, lors d’un colloque à Lillebonne, au Mémorial de la Shoah à Paris. Mais c’est la première fois que je la voyais face à un public de collégiens : c’était à Bois Guillaume, au collège Léonard de Vinci, le 6 mai 2014.

D’emblée, face à quelque 130 élèves, quand, la voix cassée, Frania évoquait la disparition des siens, moi-même, submergé par l’émotion, j’ai eu peur."

Frania enfant, couverture de son livre "Tant que je vivrai", 2007.

"Et puis je l’ai vue se reprendre, déployer son récit dans une spontanéité qui fait de ces rencontres un moment unique : ainsi a-t-elle évoqué les persécutions antisémites à Tarnow, dans la Pologne envahie par l’armée allemande, l’infamie absolue des ghettos puis des camps d’extermination, son choix de vivre en France à la Libération, ce qu’elle a relaté dans son livre « Tant que je vivrai… »."

Frania Eisenbach Haverland, extrait de la vidéo "Tant que je vivrai", éditions Edite.

"J’ai vu ces jeunes visages empreints de gravité, dépassant leur incrédulité, à l’écoute de la stratégie nazie qui pervertissait tout rapport humain. Devant les professeurs, Frania a défendu avec fougue l’importance du savoir face à l’ignorance souvent pourvoyeuse de haine. Elle a fait un vibrant plaidoyer des valeurs humanistes de tolérance, de l’acceptation de l’autre différent, en appelant à la vigilance face aux xénophobes.

Pendant deux heures « non stop », pour ces adolescents, pas « d’envie pressante », pas de dissipation mais des questions pertinentes, entre autres, sur l’aide entre déportés, le refus d’effacer le tatouage, le rôle d’Oskar Schindler, l’énergie pour continuer à transmettre, etc. Et puis oubliant les contraintes horaires, une quinzaine de collégiens a voulu poursuivre l’échange au plus près de Frania et avoir la précieuse dédicace…

Je ressens pleinement ce qu’a exprimé cette enseignante dans un courrier adressé à Laurence Petit, Principal adjoint (à l’origine de cette rencontre) sur « ce témoignage où la douleur du vécu est associée au message d’espoir, où la force de nos aînés, exprimée dans ce type de rencontres intergénérationnelles, stimule le travail de transmission ».

Le 9 mai 2014, Rémi Picard.

Rémi Picard à la librairie L’Armitière, 22 octobre 2011.